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 A glass of too much

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♠ Petit nouveau à Melbourne ♠

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★ Célébrité : Sean Maguire
★ Date d'inscription : 30/10/2017
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MessageSujet: A glass of too much   Mar 14 Nov - 1:37


A GLASS OF TOO MUCH
feat Emrys A. Snow



26 JUIN 2017

La nuit plongea chaque recoin de Melbourne dans les ténèbres. Le ciel tout aussi sombre avait renoncé à livrer bataille contre la noirceur d'une nuit hivernale. Car oui, ici, en juin, on nous sommes en hiver alors que de décembre à février, l'été vient poser ses valises. Encore un truc qui échappait à Alan et dont il ne semblait s'accommoder. Ce soir, les étoiles ne laissaient paraître leur lumineuse clarté, emportant avec elles l'ultime rempart contre la morosité. Il faisait froid, tellement froid que les articulations pouvaient s'engourdir aussi vite que les esprits pour un non-initié. Cependant, la neige n'existait point en ces lieux hostiles à une sortie en bermuda-claquettes. Une nuée de klaxons se mit à résonner conjointement sans faire montre de la moindre harmonie. Le concert commençait cependant à décliner au rythme de la circulation qui se faisait moins dense, rendant aux noctambules la ville endormie et le calme inhérent à cette léthargie de quelques heures. Chaudement emmitouflée dans son manteau, une ombre avançait lentement dans les rues. Le trajet avait duré une dizaine de minutes, durant lesquelles, Alan n'eut de cesse d'étayer sa réflexion. Devait-il oui ou non rejoindre la gare routière où son beau-frère venait de débarquer ? Toutefois, arrivé à destination, il acheva de se convaincre qu'il devait le faire, plus par politesse que par envie.

Si j'ai appris une chose avec la vie, c'est que pour le commun des mortels, le temps file, il n'attend personne. Parfois, il guérit certaines blessures, parfois, il s'abstient. Les hommes tout autant qu'ils soient, désir toujours plus de temps. Du temps pour se relever, du temps pour grandir, du temps pour changer. Moi, j'ai du temps, mais je ne parviens à me relever, à grandir, à changer. Il m'arrive de me dire que c'est normal, mais en réalité, je ne fais que me voiler la face. J'ai peur, oui, je me sens accaparé par cette irrépressible appréhension que je n'arriverai jamais à dompter, si je ne trouve pas le courage de l'affronter. Dans le fond, je sais que quoiqu'il arrive, jamais je ne pourrais empêcher les choses de changer. Je dois m'adapter une fois encore, aller de l'avant pour ne pas rester à l'arrière. Je ne peux plus mentir, ça fait mal de changer et de voir nos proches en faire autant. On se sent seul, abandonné, incompris et l'on préfère la solitude. Cinq ans se sont écoulés, peut-être devrais-je prendre sur moi et accepté l'inacceptable

Malcolm, le frère de Maya, la défunte épouse d'Alan, était assis sur un banc. Pourvu de son sac à dos fétiche et d'une valise, il venait d'achever son périple depuis Dublin. Alan pénétra la gare routière, sans motivation. Bien sûr il était plus ou moins ravit de revoir Malcolm, cependant le contexte de sa venue le réjouissait un peu moins. Le 26 juin était une date particulière autant pour l'un que pour l'autre et pour cause elle les réunissait dans la célébration du deuil. Pour Mac, comme le surnommait Alan, célébrer la mémoire de sa sœur était devenu une tradition à laquelle il tentait de ne pas déroger. À l'inverse, pour Alan, c'était une date qui mettait encore plus en exergue sa douleur et le manque représenté par l'absence de sa femme. Bien sûr avec le temps, cela s'amoindrissait, mais la douleur n'en demeurait pas moins vivace. « - Mac ! » lança malgré tout l'ancien chef en se rapprochant. Le dénommé « Mac » détourna son regard de l'écran de son portable et vit au loin son beau-frère en approche. Ni une ni deux, il se précipita vers lui pour l'affubler d'une de ces étreintes viriles dont il avait le secret n'ayant de cesse de faire savoir à Alan à quel point il était content de le voir. Ce dernier se contenta d'un timide sourire. Il savait que sous peu, Mac lui demanderait comment il se sentait et comme toujours, il tâcherait de faire savoir que « oui » alors que comme à chaque 26 juin, son cœur était ailleurs et qu'il espérait vite passer ce jour qui lui rappelait sans cesse l'absence de son grand amour qui manquait cruellement à sa vie, même après cinq ans. « - Prends tes affaires, je t'emmène boire un verre. Après un si long vol, je pense que tu en as besoin ! » Il laissa son beau-frère récupérait ses affaires et c'est ensemble que les deux hommes quittèrent ensuite la gare routière pour regagner le trottoir d'en face. « - Je me suis garé un peu plus loin, histoire de marcher un peu. Ça ne te dérange pas, j'espère ! » Malcolm toujours dans la bienveillance, fit savoir que non et accepta de suivre l'ancien chef.

« - Je connais un bar sympa, autre que le mien ! » lança l'Irlandais en bouclant sa ceinture. Pour dire vrai, depuis son arrivée et avant l'ouverture de son pub, Alan s'était octroyé quelques virées nocturne histoire de tester la concurrence. Si pour lui une telle pratique semblait naturelle, pour son demi-frère s'était alarmant, surtout parce qu'il pensait (à tort) que l'époux de sa défunte sœur avait choisi l'alcool comme béquille. Ne voulant toutefois pas mettre son hôte mal à l'aise, le Britannique accepta de suivre, et ce, malgré le décalage horaire. Quelques minutes plus tard, les deux hommes se retrouvèrent donc dans l'un des quartiers les plus fréquentés de la ville. Alan coupa le contact et quitta son Audi Q7 S Line noir, un véhicule acquit il y a peu et dont il n'avait de cesse de vanter les mérites. Les deux hommes regagnèrent le bar et prirent rapidement place au comptoir où Alan était connu comme le loup blanc. « - Deux bières ! » lança-t-il au barman qui s'exécuta aussitôt. « - Alors ? » commença Alan, de toute évidence pas adepte des longs questionnements. Il faut dire qu'il n'aimait pas lancer une conversation et laissait le soin aux autres de le faire à sa place ce que Mac fit s'en s'offusquer, trop gentil comme toujours.

« Ca va bien ! Les affaires sont florissantes ! »

« - Et tu as autre chose que le boulot en réserve ? »

« Ah oui, c'est vrai. Mes parents te passent le bonjour. Tu leur manques, tu sais ! »

« - Je les appelleraient à l'occasion » Mâchoire serrée, l'ancien chef regrettait déjà d'avoir lancé la conversation au vu de la tournure qu'elle commençait à prendre. Mac l'avait compris et se sentait quelque peu mal à l'aise. « Tu ne veux pas en parler hein ? »

« - Parler de quoi ? » dit-il avec amertume en attrapant la bière qu'on venait de lui tendre.

« De Maya, de l'anniversaire… »

Le regard rivé sur le lointain, Alan n'écoutait déjà plus son beau-frère. Et alors que certains se trémoussaient encore sur la piste de danse improvisée, l'Irlandais vit à l'écart un petit groupe encercler un type vers la sortie. L'homme titubait et semblait tout bonnement incapable de se défaire de l'emprise du collectif. « - Tu m'excuse ! » lança Alan à Mac avant de se lever de son tabouret pour se rapprocher de la sortie de secours par le biais de laquelle le groupe venait d'expulser l'homme titubant. Non sans mal, Alan se fit une place à travers la foule qui continuait à se mouvoir sur une musique désagréable à l'oreille de l'ancien chef, qui parvint à regagner la porte qu'il poussa du bout du pied. Le froid frappa sans sommation le visage d'Alan qui avança vers le petit attroupement « - Hey ! » Les hommes en cercle autour du gars, à terre, s'en donnaient à cœur joie dans la pratique du coup de pied. « - Hey bandes de trou duc ! » Sans réfléchir le nouvel arrivant, se précipita sur l'attroupement et poussa le premier type à portée de main. « - Maintenant vous êtes mignons les gosses, vous rentrez chez vous ok ? » L'un des agresseurs s'offusqua de l'intervention d'Alan et manqua de peu, le coup de boule à défaut d'avoir des arguments. Alan, toujours délesté de sa raison, prit un autre gars à parti et le poussa. Dès lors, il attira l'attention des deux autres qui cessèrent instantanément de frapper le pauvre gars à terre.

« C'est quoi ton problème connard ? »

« - On n'a pas encore été présenté donc tu évites les familiarités trou du cul. »

« Il cherche la merde, lui ! »

« - Pas besoin de chercher bien longtemps ! »

Alan continua à provoquer sans se soucier des répercussion et ce qui devait arriver, arriva. L'un des deux jeunes s'approcha d'un peu trop prêt et lui colla une bonne droite. Al secoua vigoureusement la tête avant de cracher un filet de sang « - Ok ! » Et sans crier gare, il opta pour le coup de boule en guise de réponse. Par chance, deux videurs firent leur apparition et chassèrent aussitôt les hyènes qui laissèrent tomber le porte-feuilles qu'ils avaient tenté de chaparder à leur victime d'un soir.

« - C'est bon les gars, je gère, merci ! »

« La prochaine fois, c'est les flics Murray ! »

« - Ouais ouais ! » Ils retournèrent à l'intérieur, satisfaits de l'effet produit tandis que l'ancien chef, qui venait de ramasser le porte-feuille, s'approcha du gars à terre. « - Ca va mec ?! » Il lui tendit même la main pour l'aider à se relever. « - Vous arrivez encore à aligner deux mots ou c'est trop difficile ? »


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